Fondements philosophiques des comités d'éthique et d'équité

Pourquoi ce document ?

La Charte éthique des Comités d’éthique et d’équité pose les règles et les engagements.
Elle dit ce que chaque membre s'engage à faire, et comment le comité fonctionne. Mais toute règle a besoin d'un fondement — d'une vérité plus profonde qui lui donne son sens et sa force.

Ce document est ce fondement. Il ne remplace pas la Charte, et il ne l'amende pas :
il l'enracine. Il répond à la question que tout membre devrait se poser avant de signer : Pourquoi ces règles, et non d'autres ? Sur quelle vision de l'homme, de la société et du bien commun reposent-elles ?

Les réponses ne sont pas inventées. Elles sont puisées dans une tradition philosophique et politique millénaire, dont les principaux représentants — Aristote, Thomas d'Aquin et ceux qui s'en sont inspirés à travers les siècles — ont construit les fondements les plus solides et les plus humanistes que la pensée occidentale ait produits.

I. La société précède l'État — et le porte

La première tentation, pour quiconque veut changer les choses, est de créer une structure centrale, un organe de contrôle, une hiérarchie capable d'imposer l'ordre. C'est la logique de l'État moderne, et c'est précisément ce contre quoi la pensée thomiste nous met en garde.

Dans son étude de l'humanisme politique de Thomas d'Aquin¹, le père Louis Lachance, o.p. formule cette vérité avec une précision remarquable : l'État n'est pas une forme superposée, isolable ou isolée de la multitude qu'elle unifie. Il n'est pas davantage l'ensemble des organes gouvernementaux. Il est au contraire la résultante d'une fermentation interne, d'un levain immanent à la masse — qui se traduit d'abord par des traces variables d'organisation, des rudiments d'ordre, mais qui parvient à se constituer en un équilibre stable et individué.

Autrement dit : l'ordre juste n'est pas imposé de l'extérieur. Il émerge de la collectivité elle-même, de sa raison partagée, de ses capacités natives. L'État et la société ne s'opposent pas — ils sont deux composantes d'une seule et même réalité.

C'est exactement la philosophie qui anime l'ONEST et ses Comités d’éthique et d’équité. Nous ne créons pas une nouvelle hiérarchie. Nous ne prétendons pas imposer un ordre juste par décret. Nous aidons la société civile à exprimer ce qu'elle porte déjà en elle : la capacité de délibérer, de discerner et d'agir pour le bien commun.

II. La subsidiarité — ou pourquoi l'autonomie n'est pas l'anarchie

III. Le bien commun — une vérité plus haute que la règle

IV. La délibération collective — fondement de tout jugement juste

V. La vertu comme condition de la liberté

Conclusion — Un idéal à porter

Thomas d'Aquin, Somme théologique, 1ª 2æ, quæst. Cv, art. 1 — Traité de la loi, dans lequel saint Thomas distingue la loi éternelle, la loi naturelle et la loi positive, et pose les conditions de la justice de cette dernière.

Aristote, Politique et Éthique à Nicomaque — Œuvres fondatrices sur la nature de la cité juste, le bien commun et la formation de la vertu par la pratique.

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